Mon Enfant et les écrans : IA et empreinte environnementale : un coût caché !
Santé, finance, industrie, marketing, logistique, écologie : le boom des intelligences artificielles génératives révolutionne de nombreux secteurs. Mais ce progrès n’est pas sans conséquence pour notre environnement.
Derrière toutes ces technologies de pointe très gourmandes en énergie et en matières premières, se cache une pollution numérique considérable. Le développement constant des IA est-il susceptible d’aggraver encore les dérèglements climatiques ? Sera-t-il possible à l’avenir de concilier innovations technologiques et durabilité environnementale ? Mon enfant et les écrans fait le point sur la facture environnementale qui pèsera sur la prochaine génération.
Quel est le coût écologique réel de l’intelligence artificielle ?
En réalité, il est impossible de calculer l’empreinte environnementale réelle de l’intelligence artificielle. À l’occasion du dernier World Economic Forum de Davos, Sam Altman, le fondateur d’Open AI qui a popularisé l’usage des IA génératives, a lui-même reconnu « ne pas réellement savoir mesurer les besoins en énergie de cette technologie ». Cela tient au fait que les données sont difficilement quantifiables d’une part. Et aussi fait que les géants du numérique maintiennent volontairement une certaine opacité autour des infrastructures de calcul qui sont au cœur de leurs technologies. Toutefois, on sait avec certitude que l’empreinte environnementale cette l’industrie, qui englobe à la fois les data centers et les appareils connectés, représente entre 3 et 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Un chiffre qui pourrait augmenter de 60% d’ici 2040. (selon une étude conjointe de l’ADEME et de l’ARCEP réalisée en 2022.)
Une triple consommation
L’empreinte environnementale de l’IA concerne l’énergie, l’eau douce et les métaux rares. Premier secteur de consommation énergétique, les data centers qui assurent le stockage et la gestion des données. Et ils sont la colonne vertébrale des intelligences artificielles. Pour soutenir l’explosion de ces technologies, la construction de ces centres devrait tripler d’ici 6 ans. Cela entraînerait ainsi une demande en électricité correspondante ! À titre d’exemple, en France, le seul secteur des data centers pourrait mobilier la puissance de 5 à 7 réacteurs nucléaires d’ici 2030.
À la demande en électricité, s’ajoute celle en eau abondamment utilisée pour refroidir les équipements. Pour comprendre l’impact réel de notre utilisation des IA, 25 questions à Chat GPT consomment environ un demi-litre d’eau douce. Un chiffre à multiplier par 200 millions d’utilisateurs à travers le monde ! Enfin, les intelligences artificielles nécessitent des matériels spécifiques qui s’appuient sur des minerais et terres rares, souvent extraits dans des conditions sociales et environnementales désastreuses. En Birmanie, l’ONG Global Witness crie au pillage généralisé des ressources naturelles.
Un impact exponentiel
Depuis la collecte de données jusqu’au recyclage.. Lire la suite